Plus difficile est la victoire, plus grande est la joie de gagner. Laurie PONSTON peut faire sienne cette citation du roi PELÉ. La Ligérienne a arraché, c’est le terme approprié, le 3e billet régional pour le championnat de France Tête-à-Tête Féminin à Saint-Florentin (Yonne) les 29 et 30 août prochains. Cette qualification au « France » n’en est que plus belle pour la joueuse licenciée au club de Rive-de-Gier car acquise sur le fil (13-12) dans la douleur. Une ultime mène irrespirable, et non pas en raison seulement des fortes chaleurs en ce dimanche de la Pentecôte qui ont chauffé à blanc les terrains très sélectifs du carré d’honneur aménagé sur le site superbe des bords de la rivière La Semène dans la charmante commune d’Aurec, en Haute-Loire.
La Ripagérienne a joué à se faire peur, alors qu’elle a eu une totale mainmise sur cette partie qualificative, faisant largement la course en tête - 12 à 2. Rien de fâcheux ne pouvait lui arriver, mais voilà, tant qu’on ne met pas le 13e…L’Iséroise Jocelyne POITEVIN, profitait d’un gros « coup de mou » de sa rivale pour entamer sa remontada, égalisant finalement à 12 partout. Avant ce final à la HITCHCOCK, Laurie PONSTON avait bien cru voir son rêve d’un premier voyage au « France » s’envoler puisque la mène précédente, l’opiniâtre et truculente sociétaire de la Pétanque Pont-de-Claix bénéficiait de deux boules de match qu’elle ne parvenait pas à convertir.
Dans un tension extrême, Laurie PONSTON concluait en sa faveur cette partie épique par un carreau libérateur qui lui ouvrait toutes grandes les portes du championnat de France, le premier de sa carrière, débutée, il y a une dizaine d’années.
Faisons connaissance avec cette sympathique joueuse de la Loire quelque peu méconnue, qui portera les couleurs AURA au « France » à Saint-Florentin. Une passionnée qui joue pour le plaisir avant tout. Elle ne roule pas…les « les mécaniques » comme on dit populairement. Normal pour une personne qui travaille dans le milieu de la mécanique, à Renault Trucks à Vénissieux.
Laurie PONSTON : « La pétanque, un loisir avant tout pour moi »
Voilà une qualification acquise dans la douleur, mais quel bonheur !
Ce sont les plus belles dit-on ! C’est vrai que j’ai dû aller au bout de mes ressources mentales et surtout physiques pour l’obtenir. Je me suis fait peur sur la fin, et pourtant j’avais abordé comme il le fallait cette partie qualificative en me détachant rapidement au score, menant 12 à 3, grâce à un bon appoint. J’ai eu alors un gros coup de fatigue, je n’arrivais plus comme au début à bien pointer. J’ai alors remis en selle mon adversaire qui en a profité pour rattraper son retard jusqu’à cette mène décisive, à 12-12, où je suis enfin parvenue à conclure. Une victoire acquise dans la douleur, mais l’essentiel est fait avec cette qualification pour mon premier championnat de France de ma modeste carrière (rires).
Effectivement, on ne vous connaît pas trop. Sans vous faire injure, jusqu’à ce jour, vous n’étiez pas vraiment une habituée des carrés d’honneur. Pouvez-vous nous en dire plus sur vous ?
J’ai 35 ans bientôt, maman de deux enfants, âgés de 5 et 2 ans. Je travaille dans le milieu de la mécanique, étant salariée au sein de l’entreprise Renault Trucks à Vénissieux. Je suis domiciliée dans la Loire, à Châteauneuf, à proximité de Rive-de-Gier, où je vis avec mon compagnon et mes deux enfants. Je ne pratique pas de sport, mais je m’entretiens physiquement en allant régulière-ment à la salle de sport.
Vous pratiquez la pétanque depuis pas longtemps. Qui vous a incité à lancer la petite boule ?
C’est mon conjoint qui m’a fait découvrir ce milieu. Quand on s’est connu, je savais qu’il jouait à la pétanque. Je l’ai accompagné sur les terrains, il m’a fait comprendre qu’il fallait que je m’y mette moi aussi (rires), c’était en quelque sorte un deal entre nous. Finalement, cela m’a bien plu et j’ai commencé à faire des concours, il y a maintenant une dizaine d’années.
Dans quel club avez-vous débuté ?
J’ai pris ma première licence dans le Rhône, au club de Grigny, il y a 8 ou 9 ans, j’y suis restée deux saisons. Mais en l’absence de féminine, je suis partie dans la Loire, où j’a signé à Rive-de-Gier, mon club d’aujourd’hui.
Est-ce que vous faites de la compétition à haute intensité ?
Non, je consacre un week-end, parfois deux, par mois à la pétanque. Je privilégie ma vie de famille. La pétanque demeure pour moi avant tout un loisir, l’occasion de me détendre en pratiquant une activité qui me plaît bien. Au niveau résultats, je n’ai pas marqué les esprits (rires) mais pour moi l’important est de passer un bon moment sur les terrains, de me faire plaisir, et de gagner si pos-sible, car je suis une compétitrice. Mais quand je perds, ce n’est pas la fin du monde, je me dis que je ferai mieux la prochaine fois.
Avez-vous, comme on dit, un palmarès ?
Je dirai que ma carrière de pétanqueuse est modeste, au niveau des résultats. J’ai quand même atteint plusieurs fois les 1/4 de finale des championnats de la Loire, en doublette et en triplette. Mais mon meilleur résultat, je l’ai obtenu cette année en atteignant la finale départementale tête-à-tête, ce qui m’a permis de me qualifier pour la première fois au championnat AURA ce dimanche à Aurec. Avec le bonheur de me qualifier pour le « France » à Saint-Florentin. Je suis sur mon petit nuage. Je vais participer à mon premier championnat de France, c’est super. Si on m’avait dit ça il y a dix ans lorsque j’ai commencé à jouer à la pétanque, j’aurai pensé que c’était une blague.
Laurie PONSTON, l’art d’envoyer la boule.
L’Iséroise, Jocelyne POITEVIN (au premier plan), auteur d’une belle remontada, a fait trem-bler Laurie PONSTON jusqu’au bout, avant de lâcher prise lors de la 17e mène.
Laurie PONSTON au micro de la web télé sportmediamat qui a couvert ces championnats AURA à Aurec.